Son patrimoine

L’église Saint Médard

tourisme_église-1C’est le plus ancien témoin de l’histoire de notre commune. Elle fut construite durant l’occupation du Calaisis par les anglais et faisait partie à l’époque du diocèse de Canterbury. La tour d’angle fut édifiée en 1553 sous le règne de la reine catholique Marie Tudor. C’est la seule tour de construction anglaise subsistant dans le Calaisis. Un escalier de pierre en colimaçon conduit à une terrasse d’où l’on peut voir la mer. On peut y voir des meurtrières qui rappellent qu’autrefois c’était une église fortifiée.

L’église actuelle date de 1863, les nefs latérales furent rajoutées en 1880. La nef principale est pavée de marbre de Belgique. La vasque baptismale en grès très ancien et de forme antique est constituée d’une seule pierre. La flèche octogonale actuelle date de 1914, la foudre frappa la précédente en 1823. L’orgue date de 1887, le chemin de croix de 1890, la chaire de 1894, le confessionnal de 1900, l’autel majeur et la table de communion de 1957.

Le 13 février 1913, le clocher est classé monument historique.

livret église à télécharger.

Les blockhaus

En 1942 lors de la Seconde Guerre Mondiale, Hitler décide de construire le Mur de l’Atlantique afin de défendre l’ensemble du territoire européen. Les côtes de la Norvège à la frontière avec l’Espagne du côté basque seront fortifiées par de nombreux blockhaus de béton armé.

C’est sur les côtes du Pas de Calais, que les blockhaus seront les plus nombreux et les plus abouti. On trouvera des blockhaus de tous types : murs antichars, guérite, casemates, abris …

Construction des blockhaus:

Une fois l’accord des géologues donnés et le plan choisi, les ouvriers commencent à creuser de façon manuelle le terrain. Il arrive aussi que le terrain soit creusé mécaniquement lorsqu’il s’agit d’ouvrage plus important. Les ouvriers font partis de l’organisation TODT qui emploiera en France 291 000 ouvriers. Ils seront de toutes nationalités (Russes, Belges, Polonais…). Des entreprises sous traitantes étaient régulièrement utilisés par l’Organisation TODT, la main d’œuvre locale était alors très demandée.

Des trains Decauville parcouraient la ville d’Oye-Plage pour se faufiler sur le secteur de la plage et transporter le sable d’un point à un autre, ils transportaient aussi les cailloux, les fers à béton, les poutrelles d’acier, le ciment, l’eau pour le chantier. Une fois que l’ensemble du béton est sec, les coffrages sont retirés. Les ouvriers vont maintenant procéder à l’aménagement intérieur du blockhaus, ils installent le poêle et les portes blindées, les lits, les armoires…

Selon les directives allemandes, le camouflage dans la construction des ouvrages du Mur de l’Atlantique devait être systématique et soigné afin d’éviter les repérages aériens et pour ne pas que ces constructions deviennent des cibles.

Grâce à un inventaire réalisé en 2009, on dénombre une centaine de blockhaus sur la commune : la majorité étant sur le littoral, quelques uns se trouvent en ville et ses abords. De moins en moins visible, ils sont de plus en plus camouflés dans la végétation ou disparaissent ensablés.

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La Tour Penchée

La Tour appelée maintenant « Tour Penchée » est à l’origine, un poste de direction de tir de l’armée allemande.

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Pourquoi une tour ?

La tour a été construite en 1942 par des prisonniers Russes sous le commandement des Allemands qui étaient stationnés dans la commune depuis le 24 mai 1940. Encouragé par la progression rapide de ses troupes, Hitler avait envisagé de poursuivre ses conquêtes en attaquant l’Angleterre. Il fit construire des batteries côtières dans le Nord Pas de Calais afin de protéger ses troupes lors de l’invasion de l’Angleterre (opération Seelöwe). Mais l’optimisme allemand prit fin assez rapidement. Hitler se prépare alors à un éventuel débarquement allié qui, selon lui, se ferait sur les plages du Pas de Calais.
Dès le printemps 1942, Hitler donna l’ordre de construire le Mur de l’Atlantique, allant de la Norvège à l’Espagne, il est constitué de nombreux blockhaus en béton armé de plus d’un mètre d’épaisseur, d’obstacles de plage, de stations radars, de mur antichar et surtout de la mise sous casemates des batteries d’artilleries côtières.
Comme à Oye-Plage, le relief est désespérément plat, il n’existe aucune proéminence naturelle, afin de surveiller le détroit du Pas de Calais. Les Allemands décident d’édifier un poste d’observation et de direction de tir. Ce sera un blockhaus, pour tromper les aviateurs Anglais. Cette tour ressemble étrangement au clocher de l’église de Mardyck (à proximité de Dunkerque).

Quelle tour ?

La tour carrée, est en béton armé, elle est posée sur un blockhaus qui lui sert de socle. Ce blockhaus est muni d’un sas d’entrée protégé par une caponnière, il comprend une petite pièce et une pièce plus importante. La Tour elle-même comporte 4 niveaux. Les premiers et deuxièmes niveaux n’ont pas d’ouverture en façade mais deux ouvertures en forme de fenêtres sur chaque côté. Le rez-de-chaussée (1er niveau) a une porte d’entrée métallique à 2 vantaux, sur l’arrière. Les troisièmes et quatrièmes niveaux possèdent une ouverture longitudinale mais limitée à la moitié de la largeur de la tour.
Il existait dans le poste de direction de tir de la tour, un  télémètre optique, invention nouvelle qui remplace la mire et le guidon traditionnels. Ils permettaient à l’officier, commandant de la batterie de fournir aux canons la hausse nécessaire pour un tir efficace.
La tour est en forme de pointe afin d’imiter aux mieux un clocher d’église. Il était surmonté d’une croix latine pour tromper d’avantage l’ennemi. Cette croix avait été fabriquée et assemblée par le forgeron du Tap-Cul. Elle n’est tombée que depuis l’extrême fin des années 90.
Pour parfaire la ressemblance avec une église, les Allemands avaient réquisitionné un hangar d’une ferme des environs pour former « la nef de l’église ». Une horloge peinte entre les ouvertures longitudinales et des vitraux avaient été peints au dessus des fenêtres. La tour était peinte d’une couleur tirant sur le marron pour ressembler à l’église de Mardyck, faite de brique d’un brun rougeâtre.

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Quel environnement ?

Le blockhaus et sa tour faisaient partie d’une sorte de village reconstitué par les Allemands. Par exemple, ils avaient érigé de fausses ruines sur le blockhaus qui soutient maintenant l’observatoire des oiseaux de la Réserve Naturelle du Platier.
Le poste de direction de tir était en relation avec toutes les batteries d’artillerie côtière du Nord Pas de Calais et en particulier dirigeait la batterie des Huttes, formée de 4 pièces de 150 mm, sous des casemates M270 dont il ne reste plus que des ruines.

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Pourquoi la tour penchée ?

A la suite de l’avancée des troupes alliées vers notre région, les Allemands décidèrent de quitter les zones qu’ils occupaient. Peu à peu, les soldats allemands quittent Oye-Plage. Le 5 septembre 1944, la veille de la Libération de la commune par les Canadiens, les Allemands décident de détruire les casemates de la batterie des Huttes, ainsi que la tour. Ils mettent en place des charges d’explosifs destinés à coucher la tour et la disloquer. Mais le blockhaus était trop solide ou des explosifs insuffisants, le socle ne sera que soulevé d’un côté, la tour restant solidaire du socle, elle ne fera que se pencher. Par contre les casemates seront complètements détruites.
La tour deviendra une curiosité pour les touristes, espérons qu’elle le restera longtemps !

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 Réalisé par le Conseil des Anciens d’Oye-Plage

Le carré britannique

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Les origines :

En 1914 la Première Guerre Mondiale est déclenchée, Fabian Ware a 45 ans et juge qu’il est trop vieux pour combattre de ce fait il prend la tête d’une unité mobile de la Croix Rouge Britannique. Fabian Ware arrive en France en 1914, il constate que malheureusement aucune initiative n’a été mise en place afin de répertorier les victimes de guerre et leur tombe. Il décide donc avec l’aide de son unité de comptabilisé et répertorier les victimes de guerre suivant les tombes qu’il est possible de retrouver.

Ce n’est qu’en 1915 que son unité est reconnue par le Ministère de la Guerre est devient la Graves Registration Commission (Commission d’enregistrement des sépultures). Cette même année la commission recensera 31 000 tombes. Inquiet par le sort des tombes après le conflit, Fabian Ware décida de créer une organisation à part entière qui s’occuperait en permanence de ces tombes.

Le cimetière d’Oye-Plage :

Le cimetière de la Commonwealth War Graves Commission se trouve dans le cimetière communal d’Oye-Plage. Il compte 110 tombes de soldats Britanniques à l’exception d’un aviateur Néo Zélandais. Dès mai 1949, la mairie d’Oye-Plage décide d’octroyer une partie de son cimetière à l’Angleterre afin de pouvoir enterrer les soldats victimes de guerre. La mairie propose un terrain de 259 m2 pour environ 100 corps. Enfin le 16 juin 1952, le Conseil Municipal statut sur l’aménagement du carré militaire. De ce fait Oye-Plage fera don à l’Etat français de la parcelle de terrain, et accorde la « disposition sans limitation de durée au gouvernement Britannique ». L’ensemble des pierres tombales sont arrivées directement de l’Angleterre ainsi que la Croix en pierre taillée. Le cimetière comporte 5 rangs de 22 tombes ce qui fait 110 soldats. 89 proviennent de l’Armée, 11 de la Marine, 3 de la Marine Marchande et 7 de l’Armée de l’Air. Parmi eux 5 marins, 42 soldats de l’armée de Terre et 2 soldats de l’Armée de l’air sont des inconnus.

Le cimetière est de 259 m2, ses mesures sont d’environ 19 m de large sur 18.50 m de long.

De nos jours :

En 1960 l’Impériale War Graves Commission change son nom en la Commonwealth War Graves Commission. On trouve des cimetières dans environ 140 à 150 pays du monde. C’est aujourd’hui l’entretien du souvenir de 1 700 000 hommes et femmes tombés au cours des deux conflits mondiaux. Et c’est plus de 900.000 qui ont une tombe individuel, dont 200 000 sont non identifiés.

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